LEURRE GUNKI KAIJU 60 S

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Rappel Fishandtest : Les tests sont réalisés avec modestie, simplicité et passion. Notre volonté est de valoriser le partage d'expérience, nous n’avons en aucun cas la prétention de proposer des vérités absolues. Un test, dès lors qu’il est réalisé par un être humain, est en partie subjectif, la perception des choses étant propre à chaque individu. En revanche, nous pouvons vous certifier que la totalité des tests n’est soumise à aucun sponsor ou partenaire, nous prônons en effet la neutralité et la liberté de parole.

  

  

Testeur : 

Fabrice L - Non sponsorisé

 

Usage du test :

Pêche du carnassier 

 

Donnees constructeur :

60 mm - 12g - Bruiteur

   

  

La marque française Gunki, filiale de Pezon et Michel, est bien implantée dans le monde de la pêche. Je me suis attelé au test de l'un de leurs lipless sorti il y a déjà quelques années : Le Kaiju 60 S.

 

 

CONSTRUCTION

 

Au Japon, Kaiju signifie « bête mystérieuse ou étrange » et le terme est utilisé pour désigner les monstres géants de leurs films. Un petit clin d'oeil de la marque à la culture nippone tant le Japon et les États-Unis dominent le monde de la pêche aux leurres. Le Gunki Kaiju 60 S mesure 60 mm et pèse 12 g. Le S signifie Sinking car comme tout lipless, c'est un leurre coulant. Gunki le présente comme un lipless, un crankbait et une lame à la fois. Effectivement, il y a un mélange des trois. À noter qu'il existe également un modèle plus grand : le 70 S qui pèse 18 g.

 

 
Pour commencer, la forme est assez réaliste. La morphologie est proche de celle d'un poisson plutôt dodu type carpeau. À l'avant, se trouve une gueule marquée avec une bouche plate d'environ 1 cm de long. Cet espace est prévu pour que le leurre se pose sur le fond. En effet, et c'est l'un des points forts de ce leurre, il est lesté très fortement sur l'avant, le long de cette partie plate, afin qu'elle touche le fond en premier. L'objectif étant de limiter les accrochages car le leurre touche le fond en étant incliné d'environ 30°, bouche la première.

  

 
Au dessus, se trouve un œil noir cerclé de rouge de diamètre peu important mais suffisamment marqué pour être bien visible. Tout autour, on trouve, en surimpression, un dessin visible des ouïes. Le reste du corps laisse apparaître des dessins d'écailles et le corps s'affine à mesure qu'il se rapproche de la queue. Le dos est plus fin que le reste du corps, au contraire du ventre qui, lui, est proéminent. On remarque, sur l'un des côtés, près des ouïes, l'inscription Gunki et sur le ventre KAIJU 60 S >2. Le >2 signifie, d'après les données constructeurs, que le leurre nage à plus de 2 mètres de profondeur.

 

 
Sur le ventre, à 2,3 cm de l'extrémité de la bouche on trouve la première boucle et au bout de la queue la deuxième sur lesquelles sont fixés, via deux anneaux brisés classiques, des hameçons triples de faible qualité. C'est un défaut de cette construction. Ils sont peu piquants, pas franchement solides et s'oxydent rapidement. Je vous conseille vivement de les changer. Personnellement, je les ai remplacés par des hameçons simples Gamakatsu LS-3423 F en taille 2. On remarque sur le dos un système d'attache typique des lames vibrantes. En effet, le système est en 3 points et donne la possibilité de faire varier les vibrations du leurre. Le premier point de fixation, le plus près de la gueule, pour une nage serrée et vive, le second pour une action moyenne et le dernier pour une nage plus ample. Nous verrons dans la partie « Performances » si ces 3 points ont un intérêt et une différence marquée.

  

 
Point important également, on trouve 3 billes situées à l'intérieur du corps du leurre , juste derrière l'attache centrale. La sonorité est censée être agressive, à contrario du modèle 70 S plus discret. Et à l'usage, le son est effectivement puissant. On peut noter la gamme intéressante de coloris proposés (j'en ai compté 13 sur le site officiel de Gunki à ce jour en 2019) qui vont du fluo au naturel. Difficile de ne pas y trouver son bonheur. Le Gunki Kaiju 60 S est un leurre hybride entre lipless, crankbait et lame. La construction est d'une qualité satisfaisante à part l'armement.

 

 

PERFORMANCES

 

Le Gunki Kaiju 60S est ce qu'on appelle un leurre de prospection. Il est destiné à battre du terrain pour rechercher les carnassiers actifs. Si effectivement on trouve chez lui des qualités qu'on trouve sur une lame ou un lipless, la partie crankbait, à l'usage, n'est absolument pas ressortie et je ne m'y attarderais pas.

 

 
Un de ses points forts est son poids important : 12 g. Je l'ai testé avec un ensemble composé d'une canne Armageddon 7M d'une puissance de 7-21 g et d'un moulinet Shimano en taille 2500 avec tresse en 11/100. C'était parfaitement adapté. Pas d'ensemble light car non seulement il est lourd mais en plus il « tire » assez fort dans certains cas que je vais détailler. Il va sans dire qu'avec sa forme plutôt aérodynamique, il se lance très bien et permet d'atteindre de grandes distances de lancer. C'est un hybride entre lame et lipless et  j'ai pu constater qu'il atteignait des performances de lancers intermédiaires. Une fois dans l'eau, il plonge très vite tête en bas ce qui est un avantage indéniable par rapport aux lipless pour éviter les accrochages. Par contre, il ne nage pas du tout pendant la descente et c'est dommage.


En ce qui concerne sa nage, nous allons distinguer les 3 points d'attache :


- Avec le premier, le plus proche de la tête, la nage est serrée et les flancs peu visibles. C'est très discret en linéaire et en dents de scie, cela oscille un peu plus mais cela reste discret. On sent peu le leurre tirer.


- Avec le deuxième, j'ai trouvé la nage un peu plus marquée, un petit peu plus d'oscillations mais franchement pas de différence franche avec le premier point d'attache. Autant le préciser tout de suite, ces deux points d'attache ne m'ont rapporté aucune touche ! Malgré mes essais dans plusieurs conditions, avec des poissons actifs ou apathiques.


- Le troisième point d'attache est clairement le plus intéressant. L'oscillation est très marquée même en linéaire et en dents de scie, elle devient même erratique. On sent le leurre tirer fort et c'est avec ce mode-là et en dents de scie que j'ai eu des attaques.Les signaux visuels et sonores sont à leur apogée et c'est comme cela qu'il donne sa pleine mesure.


Les poissons qui se sont intéressés à ce leurre sont essentiellement les perches et les brochets. J'ai noté tout de même un taux important de décrochés, ce qui est logique vu la vitesse à laquelle on le fait travailler. Si les signaux visuels sont moins marqués qu'avec une lame métallique, le fait d'avoir des billes bruiteuses permet de rajouter un signal de plus. Certains jours c'est un avantage et certains jours le bruit des billes inhibe les carnassiers. C'est pour cela qu'il vaut mieux, si vous êtes un adepte de la pêche avec lame ou lipless et si vous possédez ce leurre, d'avoir aussi dans votre boîte une lame et un lipless. Il ne faut pas croire qu'il sera aussi efficace que les deux réunis. Ce n'est pas le cas. Pour terminer, parlons de la profondeur à laquelle il travaille. Dans la partie « Construction », il est précisé qu'il travaille à une profondeur de 2 mètres et plus. Cela est indicatif car cela dépend de la force du courant si vous pêchez en rivière mais pour l'avoir testé dans une ancienne carrière, il peut aisément descendre à 10 mètres comme il peut être gêné à 1,5 m de fond avec un courant fort. Mais globalement, la mesure donnée est cohérente et c'est vraiment un leurre à utiliser lorsqu'il y a du fond.

 

 
Le mélange lame-lipless est intéressant et permet de combiner les qualités visuelles de la lame et sonores du lipless. Malgré tout, le Gunki Kaiju 60S reste un leurre hybride qui n'a pas les performances cumulées des deux. Son efficacité est bonne sans être exceptionnelle mais pose la question de l'utilité des deux premiers trous de fixation.

  

  

RAPPORT PERFORMANCES/PRIX

 

Le Gunki Kaiju 60S est vendu 9,50€. Quand on voit le prix de certaines lames ou de certains lipless, ce leurre est intéressant. Il permet de diversifier son panel de leurres et de proposer à la fois des signaux visuels et sonores aux carnassiers lors de pêches de prospections rapides. Veillez à changer les hameçons triples qui sont le point noir de la construction et à garder en tête qu'il est une alternative supplémentaire mais qu'il ne saurait remplacer complètement une lame et un lipless. Même s'il en a certaines qualités, il ne sera pas aussi attractif qu'une bonne lame ou un bon lipless lorsque les carnassiers sont sensibles à l'un ou l'autre de ces leurres.

 

POINTS FORTS

POINTS FAIBLES

CONCLUSION