Manche d’épuisette Daïwa ISO 5,90 m

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Les tests sont réalisés avec modestie, simplicité et passion. Notre volonté est de valoriser le partage d’expérience, nous n’avons en aucun cas la prétention de proposer des vérités absolues. Un test, dès lors qu’il est réalisé par un être humain, est en partie subjectif, la perception des choses étant propre à chaque individu. En revanche, nous pouvons vous certifier que la totalité des tests n’est soumise à aucun sponsor ou partenaire, nous prônons en effet la neutralité et la liberté de parole.

note de la rédaction

sous-notes

construction performance performance / prix

points forts

  • Longueur
  • Encombrement raisonnable
  • Poids
  • Solidité/durabilité

points faibles

  • Sangle de transport
  • Séchage des éléments
Voir la conclusion

Présentation

Les pêcheurs en street-fishing sont souvent confrontés à des berges artificialisées relativement hautes. La prise et la sortie de poissons de ces hauteurs sont alors souvent problématiques. Pour cela, les pêcheurs japonais, habitués à pêcher en mer depuis les quais, ont adopté une solution permettant de sortir des poissons de ces hauteurs: les manches d’épuisette télescopiques en carbone. Daiwa nous propose dans ce cadre les manches ISO afin de nous permettre d’atteindre ces poissons habituellement inaccessibles. J’ai donc testé pour vous ce manche d’épuisette sur mes pêches en street du bord à la recherche des perches et chevesnes principalement. 

Construction

Données vérifiées du manche :

Type: Manche télescopique

Longueur : 573 cm

Encombrement : 69,5 cm

Éléments : 10

Poids : 726 gr

Fixation tête : pas de vis M10

Caractéristiques du manche :

Il s’agit d’un manche télescopique en carbone d’environ 5,73, plus ou moins 10 cm selon le serrage des emmanchements. Ensuite, l’action de l’ensemble est parabolique. Aucune donnée ne nous indique la puissance potentielle de ce manche. Par curiosité, j’ai donc tenté de soulever différents poids (attention, une épuisette n’est pas conçue pour lever un poisson à la perpendiculaire du manche, mais en linéaire, dans l’axe du manche), je suis allé jusqu’à 700 g sur une tête de 240 g avant d’arrêter le test de peur de casser le manche. Si cela n’a donc pas d’incidence sur la sortie d’un poisson, mis à part dans le cas de quai ou berges obliques, cela donne une idée de la réactivité du manche lors de la levée de l’épuisette pour rentrer le poisson. Son encombrement est faible par rapport à sa longueur totale, mais son poids est toutefois sensible en action de pêche.

Finitions :

Le pas de vis de la fixation semble être en laiton et est incrusté dans le bouchon en caoutchouc qui assure le maintien des éléments pliés. Le tout semble solide et bien pensé. Le talon, quant à lui, est constitué de 3 éléments dont 2 en aluminium anodisé pour le pas de vis et d’un élément plastique pour la fermeture, une association judicieuse qui assure une bonne protection contre les chocs extérieurs sans abîmer les éléments en carbone à l’intérieur. Le premier tube est très joliment décoré avec le motif de carbone tissé et de nombreuses ligatures dorées.

Poignée/transport :

La poignée présente une partie antidérapante de 21,5 cm de long, délimitée par deux ligatures. La sangle est fixée par deux bandes de velcro qui tiennent bien en place une fois serrées, il est possible de laisser l’une des deux bandes plus lâche pour plus de liberté, car la sangle en elle-même est un peu courte et limite son usage aux gabarits les plus imposants. Il sera facile d’en changer pour une sangle plus large et plus confortable puisqu’elle est reliée aux scratchs par des attaches plastiques. Par contre, les anneaux des velcros sont en plastique relativement fin et n’inspirent pas réellement confiance quant à leur solidité et leur durée de vie.

Performances

Explication du test :

Pour évaluer les performances de ce manche, je l’ai emmené avec moi lors de mes pêches du bord en secteur urbain à la recherche des perches et chevesnes. Pour cela, je lui ai associé la tête Pafex Flynet 50 R.

Portée :

Les 5,90 m m’ont permis en effet de sortir quelques poissons de hauteurs. Malheureusement, en action de pêche, il est compliqué de deviner si le manche est assez long avant d’avoir le poisson au bout de la ligne et de tenter de l’épuiser. Je vous laisse imaginer l’inconfort possible de se trouver avec une épuisette de 6 m dépliée qui arrive à 30 cm de la surface en tendant le bras et un poisson au bout de la ligne inaccessible. Il est donc impératif de présenter l’épuisette au moins une fois avant de pêcher pour s’assurer d’être en mesure de sortir une éventuelle prise. Attention également aux variations de niveaux qui pourraient d’une sortie à l’autre rendre un poste inaccessible. 

Confort :

La manipulation demande une certaine dextérité, je déconseille fortement de laisser le manche se déplier à la verticale au risque de bloquer les éléments entre eux. Il faut retenir les éléments du plus petit au plus gros. Une fois suffisamment déplié, il faut placer l’épuisette en aval du poisson pour l’emmener vers celle-ci. L’opération reste délicate, car l’angle entre le poisson et la canne est difficile à gérer et le courant vient appuyer sur le manche relativement souple. Ayant géré le tout seul, cela reste délicat et il faut se rappeler que l’épuisette n’a alors aucune sécurité. Le risque de perte est alors bien présent. L’ajout d’une dragonne au niveau du velcro près du talon est alors sécurisant. Après utilisation, l’évacuation de l’eau n’est pas aisée. Les 10 éléments serrés les uns dans les autres limitent grandement la vitesse de séchage et peuvent causer des problèmes d’odeurs à moins de sécher manuellement à chaque sortie le tout avant stockage.

Transport :

La sangle est courte et peu confortable, l’ensemble manche + tête pèse tout de même pas loin de 1 kg et donc se ressent dans l’épaule assez vite. L’encombrement est conséquent et demande donc de mesurer l’équilibre des intérêts apportés et des inconvénients représentés par le poids et l’encombrement de ce matériel. 

Condition d’utilisation :

Je préconise donc cette épuisette pour les secteurs présentant des berges de 4 à 5 m de hauteur. Il est délicat de l’utiliser en présence de végétation, car le filet se prendrait dedans et empêcherait une manipulation sereine. S’il est possible de l’utiliser seul, elle sera bien plus confortable en binôme à cause des problèmes d’angles et de distances. Je recommande de ne pas dépasser 500 gr de tête pour sécuriser les manipulations. Il est également délicat de manipuler les têtes larges à cause de la souplesse de ce manche. D’ailleurs, la force du courant est également à étudier, car il peut être délicat de maintenir la tête en position à cause de ce dernier. Comme pour toutes épuisettes, il est recommandé de soulever le poisson avec le manche le plus possible en vertical. Ce qui nécessite d’emboîter les emmanchements un à un, pour limiter les risques de casse et faciliter la manipulation. Je recommande donc dans l’ensemble de réserver ce manche aux poissons de 50 à 60 cm. L’épuisettage de poissons plus grands tendrait à devenir aléatoire et difficile à gérer, néanmoins cela reste possible en prenant quelques précautions comme pêcher à deux par exemple. Enfin, j’ai pu sauver quelques leurres lors d’accrochages près du bord, un petit plus très appréciable.

Rapport performances / prix

Nous pouvons maintenant comparer le prix de ce produit à ses performances. Le prix moyen constaté est de 81 € en janvier 2023. Un prix conséquent qui se justifie en grande partie par la qualité des matériaux utilisés et du soin apporté aux finitions. La sangle de transport semble toutefois avoir été délaissée dans cette recherche de qualité et dépare malheureusement du reste. Ce manche est donc un produit onéreux qui doit être choisi prudemment en fonction de ses besoins et de ses usages. 

points forts

  • Longueur
  • Encombrement raisonnable
  • Poids
  • Solidité/durabilité

points faibles

  • Sangle de transport
  • Séchage des éléments

Conclusion

Nous avons là un manche qui nous ouvre des possibilités de pêches intéressantes en street-fishing, mais qui demande un soin particulier lors des manipulations. Si certains secteurs peuvent rendre utile ce genre d’équipement, le poids et l’encombrement de ce matériel doivent être justifiés. Ensuite, la hauteur des quais fréquentés doit être bien évaluée pour ne pas se retrouver dans des situations inconfortables. Et enfin, en suivant l’adage: “qui peut le plus peut le moins”, ce manche devient un allié précieux dès que la hauteur excède 1 m pour sortir les poissons mêmes de belle taille en fonction de la tête que l’on aura montée au bout.